Gironde

Gironde, Gironde,

Dans tes hanches profondes,

Après le tumulte des ondes,

Accueille les caprices et la mort heureuse

De tes deux enfants voyageuses

De tes deux belles filles joyeuses.

Elles ont traversé tant de pays

Renvoyé tant de regards épris,

Envoûté les cœurs de tant d’amants

Se déshabillant maladroits ou lentement,

Leurs corps impatients posés sur les berges

Dans le frais bonheur qui les immerges.

 

Gironde, Gironde,

Dans tes hanches blondes

Reçoit ces hommes aux regards lents

Ils se souviennent, laissant couler le temps

Dans ton immense sablier horizontal,

Leurs vies se déverse dans la mer pétale,

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie,

En souvenir d’un amour, d’un corps, d’un lit,

Ils dérivent, leurs mémoires terriennes ouvertes

D’aventures en voyages, de voyages en découvertes

Qu’ils ne connaîtront, c’est sûr, jamais plus …

Ou leur fils peut-être, tout n’est pas perdu.

 

 

Gironde, Gironde,

Dans tes hanches rondes

Leur fils peut-être, un matin de brume

Se poseront, eux, sur tes eaux brunes

Et là, calés sur le pont des voyageurs

S’en iront, dans l’âme les douces heures

Passées dans l’enfantement d’or rouge des vignes.

Cet or d’automne, vaudra le plus léger, le plus digne

Des trésors, pour ces enfants neufs au bout du monde

Suivis des souvenirs que toi l’ancien au cœur de l’onde

Tu leur auras offert, sans le savoir

Sans le vouloir, escortés de tes espoirs

De ta générosité

De la maternité

De la Gironde, Gironde

Dans ses hanches fécondes.

H. PLANDE ©

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